Depuis quelques années, beaucoup de restaurants marocains ont remplacé la carte papier par un QR code posé sur la table. D’autres ont installé un écran au-dessus du comptoir. Les deux choix se défendent, mais ils produisent des effets très différents sur la commande, sur le personnel et sur la clientèle qui n’est pas à l’aise avec un smartphone.
Ce guide compare les deux formats sur des critères concrets : visibilité, mise à jour, lisibilité des prix, contraintes techniques et cadre réglementaire marocain. Il s’adresse aux restaurants, cafés et fast-foods qui veulent décider sans se fier à une mode.
Ce que chaque format fait réellement
La différence principale n’est pas technologique, elle est situationnelle. Un écran est un média collectif : il est vu par tous ceux qui lèvent les yeux, y compris la personne qui fait la queue et n’a encore rien commandé. Un QR code est un média individuel : il suppose une action volontaire, un téléphone chargé, une connexion et une bonne visibilité du code.
| Critère | Menu sur écran | Menu QR sur smartphone |
|---|---|---|
| Visible sans action du client | Oui, pour tout le monde dans la salle | Non, il faut scanner |
| Mise en avant d’un plat | Forte : image grand format, animation possible | Faible : dépend du défilement dans le téléphone |
| Carte complète et détaillée | Limitée : l’écran doit rester lisible | Bonne : longueur illimitée, recherche possible |
| Langues | Alternance ou bilingue, sans choix du client | Choix par le client, plusieurs langues faciles |
| Mise à jour | Immédiate, centralisée | Immédiate si la plateforme le permet |
| Dépend du téléphone du client | Non | Oui : batterie, données, appareil photo |
| Coût d’entrée | Écran + contenus | Impression d’un code + abonnement éventuel |
Autrement dit : l’écran vend, le QR code documente. Le premier crée l’envie chez quelqu’un qui n’avait rien demandé ; le second répond à une demande déjà formulée.
Ce que dit la réglementation marocaine sur l’information des prix
Le point le plus souvent oublié dans ce débat est l’obligation d’information sur les prix. La loi n° 31-08 édictant des mesures de protection du consommateur prévoit dans son article 3 que tout fournisseur doit, « par voie de marquage, d’étiquetage, d’affichage ou par tout autre procédé approprié », informer le consommateur sur les prix des produits et les tarifs des services. L’article 5 précise que le prix indiqué doit être le prix global à payer, taxes comprises.
La fiche pratique du portail du consommateur ajoute une précision utile pour la restauration : le tarif d’une prestation de service doit faire l’objet d’un affichage « sur un document unique » de la liste des prestations et de leur prix, « visible et lisible de l’endroit où le consommateur est habituellement accueilli ». Les prix doivent par ailleurs être exprimés en dirhams.
À retenir, sans interprétation juridique : quel que soit le support choisi, l’information sur les prix doit rester accessible et lisible là où le client est accueilli. Un QR code seul, en petit format sur un coin de table, place cette information derrière une action et un appareil. Beaucoup d’établissements choisissent donc de garder un affichage visible — écran ou carte imprimée — même lorsqu’ils proposent un menu numérique. Pour une lecture de votre cas précis, rapprochez-vous d’un conseil juridique.
Le contexte marocain : le smartphone est très répandu, mais il ne fait pas tout
L’enquête de collecte des indicateurs TIC de l’ANRT, réalisée en janvier-février 2025 et publiée en juillet 2025, montre un équipement très élevé : 91,2 % des individus de 5 ans et plus déclarent avoir utilisé Internet au cours des trois derniers mois, 91,7 % des personnes équipées d’un mobile ont un smartphone, et 94,2 % des internautes se connectent en priorité via leur smartphone.
Ces chiffres expliquent pourquoi le menu QR s’est installé si vite. Ils ne disent pas pour autant que le scan est confortable dans toutes les situations : une terrasse en plein soleil, un téléphone à 4 % de batterie, un client âgé, un groupe de six personnes qui doivent toutes scanner, ou un touriste sans forfait data local. Dans ces cas, l’information affichée reste la seule qui passe.
Le risque des QR codes remplacés
Il existe aussi un risque de sécurité rarement évoqué côté restaurant : le « quishing », c’est-à-dire l’hameçonnage par QR code. Le dispositif français Cybermalveillance.gouv.fr décrit la méthode : des codes frauduleux sont apposés par-dessus des codes légitimes, sur des surfaces accessibles au public, pour rediriger vers un site malveillant. Le principe vaut pour un autocollant sur une table de restaurant. Deux précautions simples : vérifier régulièrement que vos codes n’ont pas été recouverts, et privilégier des codes intégrés à un support difficile à modifier.
Comment choisir : cinq questions concrètes
- Où se prend la décision chez vous ? Si le client choisit debout, au comptoir, l’écran est déterminant. S’il choisit assis, après avoir été installé, le QR peut suffire.
- Combien d’articles voulez-vous vraiment montrer ? Un écran lisible affiche entre six et douze lignes. Au-delà, il faut plusieurs écrans successifs — ou accepter que la carte complète vive ailleurs.
- Vos prix changent-ils souvent ? Les deux formats se mettent à jour rapidement. Mais seule la version affichée est vue sans effort : c’est là que l’erreur de prix se remarque, et c’est là qu’il faut être rigoureux.
- Quelle est la part de clientèle étrangère ? Le QR permet à chacun de choisir sa langue. L’écran impose une alternance : deux langues au maximum si vous voulez rester lisible.
- Qui va s’en occuper au quotidien ? Un support numérique mal tenu se voit immédiatement. Désignez une personne responsable des mises à jour, quel que soit le format.
La combinaison qui fonctionne le plus souvent
Dans la majorité des cas que nous rencontrons, la réponse n’est pas « l’un ou l’autre » mais une répartition des rôles :
- Un écran visible depuis l’entrée ou le comptoir avec les formules du moment, deux ou trois plats mis en avant et les prix correspondants.
- Une carte complète accessible par QR code ou sur papier, pour le détail des ingrédients, des allergènes et des variantes.
- Une cohérence stricte des prix entre l’écran, la carte et la caisse. C’est le point qui crée le plus de tensions avec les clients quand il est négligé.
Exemple de programme d’écran pour un café-restaurant (à adapter) : 7h–11h, formule petit-déjeuner et boissons chaudes ; 11h–15h, menu du jour en deux écrans (entrée/plat, dessert) ; 15h–18h, pâtisseries et boissons fraîches ; 18h–23h, carte du soir et suggestion du chef. Un message de service — wifi, paiement, horaires — glissé toutes les quatre rotations.
Ce que nous faisons chez ZinaView
Nous ne vendons pas d’écrans et nous ne remplaçons pas votre carte : nous produisons les contenus qui s’affichent dessus et nous les organisons dans le temps. Concrètement, nous partons de votre carte existante, nous créons des modèles réutilisables (menu du jour, formule, boisson, dessert, message de service) et nous les programmons selon vos services. Vous gardez la main pour changer un prix ou une photo.
Pour aller plus loin sur les usages par type d’établissement, voir notre page affichage dynamique pour restaurants et cafés.
Vous hésitez encore entre écran et QR ?
Envoyez-nous votre carte actuelle et une photo de votre salle. Nous vous répondons avec une recommandation concrète — y compris si la réponse est « gardez votre QR code et ajoutez un seul écran ».
Demander une démoSources
- Royaume du Maroc, loi n° 31-08 édictant des mesures de protection du consommateur, articles 3 et 5 (Bulletin officiel n° 5932 du 07/04/2011). Consultée le 16 septembre 2026.
- Portail du consommateur (khidmat-almostahlik.ma), fiche pratique « L’affichage des prix », édition 02/2016. Consultée le 16 septembre 2026.
- ANRT, Enquête de collecte des indicateurs TIC auprès des ménages et des individus, principaux résultats, enquête réalisée en janvier-février 2025, publication juillet 2025. Consultée le 16 septembre 2026.
- Cybermalveillance.gouv.fr, « Le quishing : l’hameçonnage par QR code », publié le 28/05/2024, mis à jour le 10/08/2026. Consulté le 16 septembre 2026.
Les recommandations d’exploitation (durées de rotation, nombre de lignes lisibles, organisation des mises à jour) sont issues de notre pratique et ne constituent pas des données mesurées.